Historique

OHVN : Un siècle d’Harmonie

Naissance de la « Philharmonie Municipale de Nevers »

L’Orchestre d’Harmonie de la Ville de Nevers (OHVN), a été créé en mars 1920 sous le nom de « Philharmonie Municipale de Nevers », par la fusion de plusieurs anciennes harmonies de la ville : l’Harmonie Nivernaise (créée en 1901) et de la Lyre de Nevers (créée en 1881). Son premier Directeur fut Henry CHARLET. Le concert inaugural eut lieu le dimanche 18 avril 1920.

Henry CHARLET dirigea la formation de 1920 à 1928. Ce fut une période d’intense activité avec une quinzaine de concerts par an et des sorties dans la Nièvre et les départements limitrophes.

Le 26 Mars 1927, la Société commémore le centenaire de la mort de Beethoven en donnant un concert au Parc. Elle interprète : Marche sur le Comte d’Egmont, Adagio de la Sonate Pathétique, Largo et Allegro de la 1ère Symphonie, les Ruines d’Athènes, Rondo.

En 1926, les cours de musique dispensés dans le cadre de la Société  Philharmonique (qui prendra vite le nom de Philharmonie Municipale) donnent naissance à une Ecole Municipale de Musique.

1927-1955 : Premiers concours et ascension…

Le 26 Juin 1927, la Philharmonie se présente au Concours de Bourges. Elle est classée en 1ère division 2ème section. C’est le début d’une ascension que les années suivantes verront s’accomplir et qui la conduira vers les sommets.

En novembre 1928, Louis PAUTRAT occupe les fonctions de Directeur. D’emblée, il gagne la sympathie des musiciens et se révèle un catalyseur des activités musicales de la ville.

En 1932, il fonde, avec son ami Louis GONIN, la Société des Concerts Nivernais

Le 15 Août 1931, la Philharmonie participe au Concours de Saint Etienne. Elle ne peut que se maintenir à son précédent niveau.

Le 30 Août 1936, au Concours de LA BOURBOULE, la Philharmonie est classée en 1ère division, 1ère section.

A la mort de Louis PAUTRAT, en 1936, c’est Lucien WURMSER, pianiste et compositeur de renom qui occupe le poste de Directeur. Sous sa baguette, et avec la collaboration du Sous-Directeur Raymond MORNAY, la Société donna une série de beaux concerts.

Le 17 Juillet 1938 , au Concours d’Amboise, elle est classée en division supérieure 2ème section.

Le 13 Avril 1938, l’école de musique devient Conservatoire Municipal de Musique et s’installe dans des locaux de la Place de la République.

La Philharmonie poursuit son activité pendant l’année 1938 et une partie de 1939. Le Conservatoire, avec des moyens de fortune et des périodes d’interruption, semble avoir fonctionné une partie de l’année 1940.

A la libération de Nevers, le 9 septembre 1944, la Philharmonie, sous la baguette de Raymond MORNAY, exécute une vibrante « Marseillaise » dans les jardins de la Préfecture.

Lucien WURMSER quitte ses fonctions en novembre 1945.

Au début de janvier 1946, c’est Georges BARDIN qui est désigné pour succéder à Lucien WURMSER à la tête des sociétés musicales de Nevers.

En juillet 1950, le Concours de DIVES SUR MER conduit la Philharmonie en division supérieure A.

La philar au Théâtre de Nevers en 1950.
Anecdote : le visiteur attentif et physionomiste reconnaitra Roger Roy, doyen de notre orchestre.

En 1951, un Comité présidé par Henri MARTINET et ayant pour Directeur artistique Georges BARDIN et pour Secrétaire Robert BUCHETON organise un grand Concours de musique. Les deux musiques d’honneur sont l’Harmonie Bich de Luxembourg et l’Harmonie des Mines de COURRIERES dirigée par le Colonel Pierre DUPONT.

C’est alors une période d’intense activité pendant laquelle la Philharmonie se présente à de nombreux concours :SAINT NAZAIRE en 1952, LES SABLES D’OLONNE en 1953, PAU en 1955 et LYON en 1958.

… vers la division d’honneur (1955-1976)

C’est au Concours de PAU, les 16 et 17 Juillet 1955, que la « Philhar » accède au sommet de la hiérarchie des harmonies : la Division d’Honneur. Quel résultat pour les 90 musiciens amateurs (un seul musicien professionnel, le flûtiste Jules OHIER) de tous âges et de toutes professions que la passion de la musique réunit deux fois par semaine, le mardi et le vendredi. Et quelle réussite pour le Directeur qui se trouve alors à la tête d’une des 6 meilleures formations d’harmonies de France.

La Philhar avait interprété à cette occasion un morceau imposé (POUSSE-POUSSE d’Henry FEVRIER), un morceau au choix (LA FETE POLONAISE de CHABRIER) et un morceau de lecture à vue.

La Philhar ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers. Elle participe à de nombreuses manifestations musicales : à  MANTOUE en 1961, à GONZAGUE et à VENISE en 1963, COBLENCE en 1965 et, enfin, à la Compétition musicale des Cinq Nations organisée à BORGO DI SESIA et VARALLO (Italie) en juillet 1966.

En mars 1964, la Société, qui depuis 1958 n’avait participé à aucun concours, se présente à un examen de classement et se retrouve en Excellence B.

En juin 1964, le Festival de SAINT-PRIEST, près de LYON, est une occasion pour la Philhar de se faire remarquer.

En 1966, Raymond MORNAY disparaît. C’est Camille JOLY qui lui succède au poste de Sous-Directeur.

La Philhar donne de nombreux concerts ; LA BOURBOULE en 1970, DOLE en 1971, CHATEAUROUX en 1972, GENEVE en 1973, AIX LES BAINS en 1975, SAINTES en 1976

En avril 1972, un second examen de classement confirme la Philhar à son précédent niveau : Excellence B. Elle interprète ce jour-là : Variations symphoniques de SEMLER-COLLERY et Le Roi d’Ys d’Edouard LALO.

En 1972, la Philhar fêta avec un peu de retard son cinquantenaire par un grand Concours dont le Comité réunit Georges BARDIN, Jean JULIEN et Robert BUCHETON. Parmi les musiques d’honneur, citons la prestigieuse Garde Républicaine de Paris dirigée par le Lieutenant Colonel  RICHARD (originaire de Nevers).

En juin 1974, le concours de CHATEAUDUN récompense le travail accompli : c’est l’accession à l’Excellence A.

Enfin, en juin 1976, la Société participe au Concours de JONZAC où son interprétation de la Grotte de Fingal de MENDELSSOHN et de La Fête Polonaise de CHABRIER lui mérita la récompense suprême : la Division d’Honneur, classement auquel elle accédait pour la troisième fois sous la même direction.

C’est le 27 Février 1977, à la Maison de la Culture, que Georges BARDIN dirigea la Philhar pour la dernière fois autour de Aïda (chœurs et marche triomphale) de Verdi, Les Camisards (poème symphonique) de Ameller, Parade Concerto pour piano et orchestre d’harmonie de Lancen (Soliste : Danièle BARDIN), Carnaval Romain (Ouverture) de Berlioz, Les Préludes (Poème symphonique) de Liszt, Valse de l’Empereur (Voix et harmonie) de Strauss.

L’orchestre entre 1977 et 1989

A la rentrée d’octobre 1977, c’est Jean BEAUREGARD, le nouveau directeur du conservatoire, qui succède à Georges BARDIN à la direction des sociétés musicales de Nevers. Porté par la dynamique de la période précédente, il permettra à la Philhar de donner des concerts de qualité sans toutefois entreprendre avec elle de nouveaux projets.

Dès octobre 1980, Maurice BARDIN lui succède. « Enfant du pays », neveu de Georges BARDIN, Maurice arrive à Nevers auréolé d’un carrière musicale brillante après ses études au Conservatoire de la ville. Compositeur de talent et fin musicien, il conduira les destinées de la Philhar jusqu’en 1988.

Son successeur, Directeur du Conservatoire,  Michel HALLER ne restera que quelques mois à la tête de l’orchestre et cessera ses activités dès le mois d’avril 1989.

C’est Camille JOLY, Sous-Directeur, qui assurera les activités de la société jusqu’à la fin de l’année musicale.

1989 – 2007 : Jean Smektala et le retour vers la division d’honneur

L’Assemblée Générale de septembre 1989 désigne une nouvelle « équipe dirigeante » : Jean SMEKTALA  devient Directeur et Bruno PREVOTAT Sous-Directeur.

Jean SMEKTALA, après une médaille d’or au conservatoire National de Région de Versailles, est nommé au poste de professeur au Conservatoire de Nevers et devient cor solo à la Philhar. Bruno PREVOTAT, ayant débuté la musique avec Guy Bourgeois à Fourchambault avant de poursuivre au conservatoire et d’obtenir une médaille d’or, est professeur de clarinette au Conservatoire National de musique.

Les activités reprennent et on sent une volonté générale de faire à nouveau progresser cet ensemble.

En 1993, la Philhar se présente à un examen de classement (1). Au programme : Poème de feu d’Ida Gotkowski, Symphonie de Paris de Serge Lancen et Suite Française de Darius Milhaud.  

C’est un premier succès puisque le jury, dans lequel figurait Désiré Dondeyne, ex chef d’orchestre de la Musique des Gardiens de la Paix, décide de placer la Philhar en excellence A, c’est à dire au dernier palier avant la division d’honneur.

Dès 1994, c’est le Concours de THONON LES BAINS. La Philhar remporte un premier prix mais ne peut accéder à l’échelon supérieur.

Il en sera de même au Concours International « Eolia » de STRASBOURG en 1994.

C’est le 16 mai 1998 que notre Philar prend le nom d’« Orchestre d’Harmonie de la Ville de Nevers » marquant ainsi son ancrage et son attachement à la ville.

L’orchestre n’hésitera pas à apporter sa collaboration à des événements importants pour la ville de Nevers. Ainsi, le 18 Octobre 1998, il participe à la représentation du « Seigneur des Anneaux », avec  les comédiens de « La Compagnie du cochon seul » et les danseurs  de « Di Hélo ». 

Il faudra attendre 2000 et le Concours de BOURBON LANCY pour voir notre orchestre retrouver le niveau le plus élevé, au sein des 23 meilleures sociétés de France.

L’année 2000 fut riche pour l’orchestre. Après un déplacement à COBLENCE (ville jumelée avec NEVERS), notre société remarquée à un concert donné à DIJON, fut désignée par la Confédération Musicale de France pour représenter notre pays au Concours International de SCHLADMING en Autriche le 14 Juillet 2000. C’est une honorable place de troisième qui couronnera cette prestation. Jean SMEKTALA poursuivit la direction de l’orchestre jusqu’en 2006 pour revenir dans les rangs de l’orchestre au pupitre de cor.

2007 à aujourd’hui : sous la direction de Bruno Boutet

Bruno BOUTET, formé au CNR de Tours et professeur de clarinette au conservatoire prend la succession de Jean SMEKTALA en 2007. Dés le début de sa direction de nombreux projets artistiques sont lancés: Le Vent dans les Saules de Johan DE MEIJ et les voyages de Gulliver de Maxime AULIO en mai 2007 avec Louise JOLLY professeur de théâtre au conservatoire de Nevers, le 3ème Symphonie Planet Earth de DE MEIJ avec les choeurs féminins et la classe de Violoncelle du conservatoire en décembre 2008 avec le partenariat du Lions club de Nevers.

En juin 2009 l’orchestre confirme sa place au concours de BRIOUDE en division d’honneur avec un premier prix et une note de 19/20 après son interprétation des Variations sur le thème du P’tit Quinquin d’Alexandre KOSMICKI et Extrem Make Over de Johan DE MEIJ.
En décembre 2010 un hommage collectif est rendu à Jean SMEKTALA à la retraite depuis peu avec un programme spécial cor dont les solistes furent Mathieu ROMAND, Cécile GAUME, Cédric MULLER et Sébastien SMEKTALA.

En 2011, le concert de mai sous la direction de Bruno BOUTET est marqué par de nombreuses créations de Jean-Pierre POMMIER (concerto pour saxophone), GILLES MARTIN (professeur de saxophone au conservatoire, membre de l’orchestre) avec Tandem et de Dominique FORGES Laissez vous dire alliant pour la première fois l’Orchestre d’Harmonie et l’Association de Musiques Traditionnelles du conservatoire.

En mars 2012, l’orchestre rend hommage à Maurice BARDIN, disparu l’année précédente. L’harmonie du deuxième cycle du conservatoire accueille le public dans le hall de la Maison de la Culture de Nevers.

En 2013, l’orchestre participe au concours de SENS, il obtient un deuxième prix et confirme sa place en division d’honneur. En novembre de la même année, l’orchestre lance sa série de concert famille, le premier ayant lieu à l’auditorium du conservatoire et destiné aux enfants des écoles de Nevers pour découvrir ce qu’est un orchestre d’harmonie et les différents instruments le composants.

En 2014, Philippe DUFOUR (alias Duf’) rejoint l’orchestre comme comédien. Il met alors ses talents d’auteur et de comédien à la présentation et aux différents textes contés lors des concerts ainsi que lors des séances « familles » du dimanche matin.

Depuis quelques années déjà l’OHVN a à cœur d’inviter les jeunes talents qui sont passés dans ses rangs et qui se destinent à la carrière de musicien professionnel. Se sont succédés sur la scène de la Maison de la culture : Marine WERTZ, Amélie CHAMBINAUD, Matthieu ROMAND…

En 2015, l’orchestre accueille Hélène BOULEGUE (ancienne élève du conservatoire, ancienne membre de l’orchestre) qui est alors flûtiste à l’orchestre philharmonique du Luxembourg , tout juste auréolée d’un deuxième prix au célèbre concours international du « Printemps de Prague ».

En novembre 2017, l’orchestre ouvre la semaine des droit de l’enfant avec son concert famille autour du conte du Roseau écrit par Duf’ inspiré d’une histoire bretonne. L’orchestre met à l’honneur la clarinette lors de son concert de novembre à la Maison de la Culture de Nevers avec en solistes Béatrice BERNE et Dominique VIDAL interprétant des oeuvres de Jean-Louis PETIT (dont une création du compositeur pour l’Orchestre d’Harmonie de la Ville de Nevers).

En novembre 2018, sur commande de l’orchestre, Maxime AULIO crée “Et si ce n’était qu’un rêve” une fresque musicale commémorant la Grande Guerre. L’orchestre interpréta cette création en présence du compositeur le 11 novembre 2018 à la Maison de la Culture de Nevers avec Lamia BEUQUE, mezzo soprano au chant (une autre ancienne élève de Nevers), Philippe DUFOUR à la narration, des élèves des classes de chant du conservatoire sous la direction de Bruno BOUTET.

En mai 2019, l’orchestre fait un concert autour des percussions avec l’interprétation du concerto pour trois percussionnistes (Nicolas ZANLONGHI, Alexandre DURAND et Julien COQBLIN) le groupe Effet de steel , un ensemble de steel drums de l’Allier sous la direction d’Alexandre DURAND.

L’orchestre se produit régulièrement à la Maison de Nevers, en y associant régulièrement le Big Band du conservatoire de Nevers dirigé par Gilles MARTIN ou l’harmonie de deuxième cycle dirigée par Bruno PREVOTAT ainsi que diverses autres formations artistiques, programmés le plus souvent en première partie de ses concerts.

Liste des Directeurs
1920-1928 : Henry Charlet
1928-1936 : Louis Pautrat
1936-1945 : Lucien Wurmser
1946-1977 : Georges Bardin
1977-1980 : Jean Beauregard
1980-1988 : Maurice Bardin
1988-1989 : Michel Haller
1989-2006 : Jean Smektala
2007-: Bruno Boutet

Liste des Présidents de l’association
1993-2000 : Alain Frémont
2000-2006 : André Tardivon
2006-2019 : Frédérique Tancray
2019-: Thibaut Mastrolia

Le classement des Sociétés musicales (du niveau le plus bas au niveau le plus élevé) :
3ème division (2 sections), 2ème division (2 sections), 1ère division (2 sections), division supérieure ( B et A), division d’excellence (B et A) et Division d’Honneur.

Bibliographie :

Philharmonie Municipale de Nevers “Son Histoire”, René BARDIN 1977. Document remis en octobre 1977 à Roger ROY.
La “Philhar”, mémoire d’un orchestre, 2000. Comité de rédaction en 2000 présidé par André TARDIVON et composé de Jean-Louis MATHE, Guy BOURGEOIS, Roger LARDROT et Roger ROY.

Le présent document numérique a été réalisé, en plus des documents mentionnés dans la bibliographie avec l’aide de Bruno BOUTET, Alain FREMONT, Jean Louis MATHE, Jean SMEKTALA et André TARDIVON. Des photos et l’orignal de certains documents officiels sont disponibles aux archives de l’orchestre.

Thibaut Mastrolia, Bruno Prévotat. Décembre 2019